HISTORIQUE DU COUTEAU DU SOLDAT SUISSE

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HISTORIQUE DU COUTEAU DU SOLDAT SUISSE

Message par jcfiguet le Mar 10 Nov 2015 - 14:15

NOTE : Les textes et photos qui suivent proviennent du site Les couteaux du soldat de l'armée suisse


Avant le couteau de soldat…


Avant le couteau de soldat, dans l'armée suisse existaient les "outils du Vetterli" : outils multifonctions permettant de démonter et d'entretenir les fusils d'ordonnances 1870 et 1878 Vetterli.
Ce sont certainement, au sens large, les "ancêtres" les plus vraisemblables du couteau de soldat...
 
Outils des fusils d'ordonnances 1870 et 1878 Vetterli (*)
(*) Source : Collection privée de M. Borgognon
 
Dans le "Modèle 1870" : la lame est mobile et divisée en deux par une cheville d'arrêt qui la traverse de part en part: elle se fixe au manche au moyen d'une vis qu'il suffit de serrer pour maintenir la lame. Longueur 115 mm, largeur du manche 40 mm, le manche en bois reçoit le poinçon fédéral du type prévu pour les pièces en bois et quelquefois un poinçon cantonal.
Dans le "Modèle 1878" : Conçu par le colonel Rudolf Schmidt, les deux parties de la lame sont séparées au 1/3 environ par un renflement muni d'un percement de forme allongée qui donne passage au tiroir qui sert à solidariser la lame au manche. Ce dernier peut s'adapter à l'extrémité de la baguette et sert alors de poignée. Certains de ces outils ont l'une des extrémités de la lame taillée en forme de fourchette, elle s'adapte à des vis particulières du revolver modèle 1872 & 1872/78. La baguette est en acier et sert au nettoyage du canon et à chasser les douilles qui pourraient être restées coincées dans la chambre à cartouche. Cette pièce reçoit le poinçon personnel du contrôleur fédéral, une lettre surmontée d'une croix fédérale.
 

A la fin du 19ème siècle...


L'armée Suisse décida d'acheter un nouveau couteau multifonction pliant pour ses soldats, qui devait servir entre autre à manger et à démonter le fusil d'ordonnance (Fusil Schmidt-Rubin).
Les outils inclus sur ce modèle sont une lame, un ouvre-boîte, un tournevis plat et un poinçon.
En janvier 1891, l'armée suisse déclare ce couteau bon pour le service, sous le nom  de "Modèle 1890", il mesure 100 mm, possède une poignée en bois de chêne
noirci (certains ont ensuite été fabriqués en ébène) comportant un poinçon de réception en forme de croix suisse.


Comme à cette époque, aucune société suisse n'avait la capacité de production nécessaire, les 15.000 premiers couteaux ont été livrés par le fabricant allemand de couteaux Wester & Co. de Solingen jusqu'à fin 1891.
Dès octobre 1891, la compagnie Karl Elsener à Ibach dans le canton de Schwyz en Suisse, qui deviendra par la suite Victorinox, a pris le relais. De nombreux autres fabricants de couteaux d'Allemagne et de Suisse ont fabriqué ces couteaux et les modèles suivants, y compris la firme créée en 1893 sous le nom de Paul Boéchat & Cie et qui deviendra plus tard Wenger.
 

En 1901...



Une première évolution :
Le "Modèle 1901" est semblable au modèle précédent, à la différence que les cotes en bois sont désormais remplacées par des cotes en fibres de bois.
 
 

En 1908...




Une deuxième évolution :
Sur le "Modèle 1908", le couteau adopte une lame à contre-tranchant.
A partir de 1915, le marquage de l'ancienne croix suisse sur la cote est désormais remplacée par une croix contenant les lettres "WK" (Waffenkontrolle), tampon frappé à chaud signifiant que le couteau avait passé avec succès les contrôles de qualité de l'armée suisse, donc bon pour le service. 
A partir de 1921, le millésime de fabrication du couteau de soldat suisse est frappé sur le talon des lames (les deux derniers chiffres de l'année). Notons que ce type de marquage se pratique encore de nos jours.
 


En 1951...



Une troisième évolution assez importante :
Sur le "Modèle 1951", le couteau passe de 100 à 93 mm, devient résistant à la rouille (inox), la lame est de nouveau arrondie comme en 1890, le tournevis est doté d’un évidement servant à dénuder les fils électriques et le rivet d'axe, commun à l'ouvre-boîte et à l'alène, est désormais doté d'un trou de 2 mm afin de pouvoir se servir de ce couteau comme lest de fil à plomb (utilisé pour le fusil FASS 57 en lance-grenade), notons toutefois qu'en 1954, ce rivet percé fut renforcé par une rosette d'un diamètre extérieur de 6,2 mm.


De 1957 à 1964, ont été fabriqués des couteaux de soldat avec les cotes en Grilon (nom commercial d’une famille de thermoplastiques), mais cette fabrication est restée une exclusivité de la maison Wenger.
 



En 1961...


Sur le "Modèle 1961", un grand nombre de changements vont s’opérer :
Le corps du couteau est en aluminium éloxé (anodisé) et les outils en inox (dans le "monde du couteau suisse", on surnomme ces modèles des "Alox" (contraction d’aluminium et d'inox ou bien d'aluminium éloxé), la taille de 93 mm et le nombre d'outils ne sont pas modifiés.


Les évolutions les plus remarquables sont l’ouvre-boîte et le tournevis qui deviennent ceux déjà utilisés, depuis 1951, sur les couteaux dits "officiers suisses", quant au poinçon, celui-ci est muni d'une arête aiguisée type alésoir et vers la fin des années 80 l'ensemble des outils seront polis.
Remarquons l'implantation du tournevis et de l'ouvre-boîte inversée par rapport à celle des modèles de couteaux de soldat précédents : Cette configuration est une sécurité visant à réduire les blessures occasionnées par le passé, en rendant désormais impossible l'utilisation de l'alène et du tournevis de façon simultanée.
Durant ses années de service, le "Modèle 1961" connut de nombreuses variantes, parmi les plus significatives, on trouve :


  • De 1961 à 1964, des éloxés rouges, puis à partir de 1965 des éloxés argent.
  • En 1972, le poinçon "WK" subit une rotation de 90°.
  • En 1977, les armoiries suisses apparaissent sur couteau et le poinçon "WK" change de forme.
  • En 1988, le poinçon "WK" disparaît en même temps que le contrôle de réception.
  • En 1993, le rivet percé est abandonné au profit d'un rivet plein, le tournevis s'amincit et se dote d'une encoche pour dénuder les fils électriques.


Désormais, seuls Victorinox et Wenger deviennent les fournisseurs officiels de l’armée suisse et notons  que ce "Modèle 1961" restera le couteau du soldat suisse pendant 49 ans, jusqu’en 2008 avec comme dernier marquage sur lame : "08". 
 

Enfin, le "Modèle 2008"...


Fin 2007, l'armée suisse annonce son intention d'acheter un nouveau modèle de couteau, mieux adapté aux besoins actuels. Suite à une polémique, la demande d'offre étant mondiale, c'est finalement Victorinox qui remporte le contrat.
C'est ainsi que le nouveau "Modèle 2008" équipe désormais le soldat de l'armée suisse, cependant il ne sera réellement mis en circulation qu'à partir de 2009.


Ce nouveau "Modèle 2008" apporte des changements majeurs dans la longue lignée des couteaux du soldat suisse, il dépasse de 18 mm la taille de son prédécesseur en atteignant les 111 mm en longueur, il est constitué de cotes bi-matières antidérapantes de couleurs vert-kaki et noir, sa grande lame est dentelée et prévue pour une ouverture d'une seule main, son décapsuleur avec grand tournevis et sa grande lame sont auto-bloquants, et de plus, il comporte deux nouveaux outils jusqu'alors inexistants sur un couteau de soldat : un tournevis Philips et une scie à bois. Concernant les autres outils, seul l'ouvre-boite muni de son petit tournevis plat demeure identique, tous les autres outils (grande lame, grand tournevis, alène et décapsuleur avec le grand tournevis) possèdent de nouvelles caractéristiques.
 

A noter



  • Les couteaux militaires des soldats suisses ne comportent jamais de tire-bouchon.
  • En 2005, suite à des difficultés financières qui duraient depuis 2001, Wenger est racheté par son concurrent Victorinox, mais Wenger poursuit toujours ses activités sous son propre nom comme marque distincte du groupe. Selon Victorinox, ce rachat avait pour objectif d'empêcher la reprise de ce grand coutelier par des investisseurs étrangers, évitant ainsi le risque de porter atteinte à la réputation mondiale d'excellence de qualité de la coutellerie suisse.
  • Le nouveau "Modèle 2008" n'existe qu'en marque Victorinox.
  • En janvier 2013, Carl Elsener, patron de Victorinox, annonce dans un communiqué à la Tribune de Genève, la fin des couteaux sous la marque Wenger, ces derniers devant être intégrés prochainement à la marque Victorinox. Cette intégration vise à remédier aux redondances de produits et à se positionner clairement face à la clientèle. Il semble que seuls les couteaux Wenger seront insérés dans la collection Victorinox, les montres et autres produits de licence Wenger seront toujours commercialisés sous cette même marque.


 Document PDF Article issu de la Tribune de Genève du 30/01/2013.
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